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Budget : la prudence n’empêche pas l’investissement

Publié le | Mis à jour le

Le budget 2025 a été adopté le 31 mars en conseil municipal. D’un montant de 112,7 millions d’euros, il traduit la volonté de la Ville de jouer la carte de la prudence tout en consolidant les dynamiques engagées en matière d’éducation, de transition écologique et de solidarité.

Adopté à la majorité du conseil municipal, le budget 2025 s’établit à 112,7 M€. Face à un contexte économique et politique national incertain, “ ce budget a été construit avec un esprit de prudence ”, a souligné Marcel Cottin, premier adjoint en charge des finances. Un peu trop prudent, ont relevé plusieurs élus de l’opposition. “ Le gouvernement planche déjà sur le projet de budget de 2026, des réunions sont prévues dès ce mois d’avril entre les collectivités, l’État et l’assurance maladie…  et il risque de contenir des mesures d’économies drastiques pour les collectivités ”, a insisté le premier adjoint rappelant que le budget 2025 de la Ville s’inscrit dans les principes des engagements du mandat :

  • Pas d’augmentation de la fiscalité
  • Un service public de qualité
  • Un autofinancement d’une partie des projets d’investissement
  • Un niveau d’investissement important au service des usagers

Finances : les grands équilibres

La Ville poursuit son désendettement. Les investissements sont financés par l’épargne brute de la Ville. Il n’y aura donc pas de recours à l’emprunt avant un nouveau cycle en 2026. “ La Ville affiche un niveau d’endettement de 80 € par habitant, un chiffre bien inférieur aux  villes de même taille qui s’établit à 954 euros en 2025 ”, indique Marcel Cottin.

112,7

M€ de budget global

27,3

M€ d'investissement

85,4

M€ dédiés au fonctionnement

Dans le détail, les dépenses de fonctionnement augmentent de 3,5 % par rapport au budget primitif de 2024. Cela s’explique en partie par l’augmentation des charges de personnel (+4,1 %), conséquence directe de plusieurs décisions nationales : hausse de la part patronale de la Caisse nationale des retraites des agents de la fonction publique (+ 685 000 €) et du taux d’assurance maladie (+213 000€). Plusieurs mesures locales viennent également augmenter les dépenses liées à la masse salariale : la création de postes notamment d’ATSEM en réseau d’éducation prioritaire, l’amélioration du régime indemnitaire pour les métiers en tension (petite enfance, agents de police municipale, etc.).

 

Doubler le nombre d’apprentis

“ L’engagement a été pris, en début de mandat, de doubler le nombre d’apprentis accueillis au sein des services municipaux sur le mandat ”, rappelle Driss Saïd, adjoint au maire chargé des ressources humaines, de la prospective et de l’évaluation des politiques publiques. Ils étaient 10 en 2020, ils devraient être 26 en 2025. 21 propositions d’apprentissage seront diffusées à l’issue du conseil municipal, avec l’objectif de pourvoir 19 d’entre elles dès la rentrée 2025. Ce qui portera alors le nombre d’apprentis à 26, 7 apprentis étant actuellement en contrat. Au total, une cinquantaine d’apprentis auront été accueillis durant le mandat.

L’objectif est de prendre notre part dans l’insertion professionnelle des jeunes. C’est aussi une possibilité de recruter notamment dans les métiers en tension. À ce jour, quatre ont été recrutés sur des postes permanents dans les secteurs de la mécanique, de la petite enfance, des espaces verts ou encore de l’informatique.

Driss Saïd - Adjoint aux ressources humaines, prospective et évaluation des politiques publiques

Soutien continu aux associations

Les charges de gestion courante sont également en hausse : + 5 ,6 %.  Parmi celles-ci, on retrouve les subventions aux associations votées à hauteur de 2,97 M€. “ Nous faisons la proposition d’accompagner les associations au-delà de l’inflation à 1,7 % pour aller à 2 % sur l’enveloppe globale ”, précise l’élu aux finances.

Pour les seules associations partenaires, la répartition des subventions est la suivante :

  • Comité des œuvres sociales et culturelles du personnel communal : 628 369,14 €
  • Office herblinois des retraités et personnes âgées : 120 000 €
  • Le Carré International : 107 170 €
  • Maison des Jeunes et de la Culture : 187 030,46 €
  • Office du sport herblinois : 35 000 €
  • ASEC Soleil Levant : 76 471 €
  • ASEC Sillon de Bretagne : 85 675 €
  • ASEC Bourg : 26 333 €

Interpellé par Éric Blainvel, élu de l’opposition (Saint-Herblain en commun) sur le refus de subventions à certaines associations, Bertrand Affilé, maire, a rappelé : « La Ville ne pratique pas la politique du guichet. Il faut que les associations aient des projets et des actions en lien avec les acteurs de Saint-Herblain. Le simple fait d’être sur le territoire herblinois ne justifie pas une subvention. Ce n’est pas notre philosophie. ”

Une vue du forum des stands du forum des associations
Les subventions aux associations s'élèvent à 2,97 M€ pour l'année 2025.

Fiscalité : cap maintenu

Concernant les recettes de fonctionnement, la progression est de 3,9 % par rapport à 2024. “ Nous observons une augmentation du recours à certains services municipaux notamment la restauration scolaire et le périscolaire ”, note Marcel Cottin.

Côté fiscalité, la stabilité demeure. Les élus ont voté des taux d’imposition de la part communale identiques à ceux de 2024.  Ces taux n’ont pas été revalorisés depuis 2010, les hausses des montants payés par les contribuables étant dues à la revalorisation des bases d’imposition décidées au niveau national et aux hausses des taux pratiqués par les autres collectivités

Éducation, ville nature et patrimoine : 76 % des investissements

“ Sur le mandat 2020-2026, la Ville aura investi 122,4 M€ dans des projets qui répondent aux enjeux de transition écologique et de ville solidaire ”, a détaillé l’adjoint aux finances.

“ C’est en dessous des 150 M€ annoncés en début de mandat ”, a réagi Matthieu Annereau, conseiller municipal d’opposition (Groupe Entendre et agir, ensemble pour Saint-Herblain) déplorant un manque de projets structurants.

Les investissements se poursuivent en 2025 avec une enveloppe totale de 27,3 M€. Avec 8,3 M€, le premier poste d’investissement reste l’éducation, “ un élément moteur des axes politiques de la Ville ”, a rappelé Marcel Cottin évoquant, entre autres, l’inclusion, la prévention, l’écomobilité. L’équipement informatique des écoles est fléché à hauteur de 295 000 € avec un focus sur le choix de matériel reconditionné. Le patrimoine des écoles bénéficie, lui aussi, d’investissements importants : 4 groupes scolaires (Soleil Levant, Bernardière, Condorcet et Grands-bois) seront rénovés pour un montant de 6,75 M€.

26,2 % (6,29 M€) vont aux projets liés à la ville nature (jardins familiaux, îlots de fraîcheur et végétalisation des espaces publics, aménagement du Cours Hermeland, etc.). “ Soumis à une étude 4 saisons un peu longue, le projet de terrain de glisse urbaine prévu sur le Cours Hermeland sera retravaillé, a annoncé Marcel Cottin. Nous étudions la possibilité de le relocaliser pour qu’il puisse voir le jour avant la fin du mandat. ”

Des consultations sont également lancées pour des travaux au gymnase du bourg. “ Concernant la rénovation de l’Hôtel de Ville, nous avons dû relancer plusieurs marchés dont les dépassements étaient énormes, a précisé le premier adjoint. Les travaux devraient commencer en 2026. ”

Les délibérations adoptées en bref

Tarifs municipaux : des évolutions. Une augmentation de l’ordre de + 2 % a été votée pour les prestations municipales tarifées au forfait. Il est également envisagé une hausse plus importante pour la billetterie des piscines et les tarifs des activités aquatiques pour les adultes afin de s’aligner avec la politique tarifaire des collectivités de la métropole. Enfin, le conseil municipal a approuvé l’évolution dans la même proportion, au 1er janvier 2026, des tarifs de la bibliothèque municipale (indemnités pour préjudice subi, en cas de perte, détérioration, non restitution des documents empruntés), des loyers des salles et des équipements sportifs, des droits de place hors marché et de l’occupation du domaine public.

Terrain d’insertion : une ouverture à l’été. Engagée dans la lutte pour la résorption des bidonvilles sur la métropole, la Ville prévoit la création d’un terrain d’insertion temporaire (TIT) sur le secteur de l’Ormelière avec une capacité d’accueil de 14 ménages, soit environ 70 personnes. Ce dernier ouvrira à l’été 2025. Les élus ont approuvé le règlement intérieur et les indemnités d’occupation mensuelles dont le montant est fixé à 50 € pour un mobil-home T3 et 60€ pour un T4. Les familles devront également s’engager à payer les charges (électricité et eau). Il est prévu qu’après une année de présence sur le TIT, l’indemnité soit majorée pour les occupants, cet accueil n’étant qu’une étape avant un accès au logement. Interrogé par Primaël Petit (Saint-Herblain en commun) sur la création d’un deuxième terrain, Christian Tallio, adjoint à la citoyenneté et à la démocratie locale, indique que la Ville va avancer  chemin faisant. Des terrains sont actuellement repérés et expertisés. Nous n’allons pas résoudre la problématique des bidonvilles avec nos deux terrains insertion, l’enjeu est aussi d’inspirer d’autres villes, et de montrer que ça marche ”.

Maintien de la protection fonctionnelle du maire. Bertrand Affilé a déposé plainte contre un représentant local du Rassemblement National pour “ diffamation envers une personne chargée d’un service public ”. Une seconde plainte contre X a également été déposée à la suite de propos injurieux et diffamatoires à l’encontre du maire sur la page Facebook Les Habitants ont la parole. La protection fonctionnelle couvre, entre autres, les frais de procédures et d’assistance psychologique s’il y a lieu. La délibération a été adoptée (3 votes contre et 7 abstentions).

Expérimentation de l’encadrement des loyers. La Ville souhaite rejoindre l’expérimentation engagée par Nantes métropole sur l’encadrement des loyers, “ un levier pour lutter contre l’inflation des prix des loyers ”, a souligné Jérôme Sulim, adjoint à l’urbanisme et à l’aménagement durable. Seuls les quartiers intra-périphériques sont concernés par cette expérimentation. “ 10 % des logements y sont au-dessus du loyer de référence ”, a précisé Jocelyn Bureau, élu subdélégué à l’urbanisme.

Signature du contrat local de santé métropolitain (CLSM). La Ville souhaite s’engager dans le CLSM afin d’inscrire ses actions en matière de santé dans un cadre plus large. Les signataires (l’Agence régionale de santé, la Préfecture, l’Assurance maladie, la CAF, le CHU de Nantes, l’Éducation nationale et les communes volontaires de Nantes métropole), s’engagent à décliner les objectifs communs définis collectivement sur l’ensemble du territoire métropolitain. Parmi les actions déployées dès 2025 : faciliter le maintien et l’installation des professionnels de santé de premier recours, favoriser une égalité d’accès aux droits en santé et aux soins, améliorer l’accessibilité des parcours en faveur de la santé mentale, etc.

Un bail pour la cuisine centrale intercommunale. La commune met à disposition une parcelle de 9 500 m², via la signature d’un bail emphytéotique d’une durée de 50 ans, pour permettre la construction de la future cuisine centrale intercommunale. Une redevance de 50 € sera demandée à la Société publique locale, créée par les trois communes partenaires (Saint-Herblain, Orvault, La Chapelle sur Erdre) pour toute la durée du bail.

La rediffusion des débats du conseil est disponible sur cette page. Le prochain conseil municipal se tiendra le 16 juin à 14h, salle du conseil municipal.