Imprimer Pdf Suggérer cette page à un ami

Aimé Césaire pour commémorer l’abolition de l’esclavage

"Cahier d’un retour au pays natal" sera joué samedi 13 mai à la Maison des Arts par le comédien burkinabé Étienne Minoungou.

Elle est considérée comme une œuvre majeure de la poésie francophone du XXe siècle, inspiratrice du mouvement dit de négritude et à ce titre enseignée dans toutes les écoles d’Afrique et des Caraïbes. "Cahier d’un retour au pays natal" sera présenté dans l’auditorium de la Maison des Arts, pour commémorer l’abolition de l’esclavage. La mise en scène signée Daniel Scahaise est d’une grande sobriété : sur le plateau, un seul comédien, Étienne Minoungou, dont l’interprétation subtile magnifie ce texte fondamental, qui symbolise la fierté et la dignité retrouvée des peuples noirs à travers le monde.

Portrait du comédien burkinabé Etienne Minoungou sur scène
Le comédien burkinabé Etienne Minoungou (© Adrianzapico Carminepenna)

"Nous avons essayé de déterritorialiser le texte pour que ce soit une parole qui s’adresse à tous les errants d’aujourd’hui. Nous voulions nous adresser à tous les hommes en bord des routes", explique le comédien burkinabé, dans un entretien à Africultures. Et de faire le parallèle avec l’actualité : "Nous savons qu’avec la crise des migrants déplacés, il y a de nombreux hommes, femmes et enfants qui cherchent leur chemin, leur voie, leur route. Et ce texte-là pourrait être le leur."

En jouant de la poésie comme d’une arme, en redonnant la parole à tous les opprimés, Césaire a en effet posé pour les générations à venir les ferments d’une nouvelle fraternité, toujours à renouveler. C’est entre 1935 et 1938 que l’auteur, venu de sa Martinique natale étudier en métropole, écrit le "Cahier". Dans un style imagé, luxuriant, Aimé Césaire affirme l’égale dignité de tous les humains et de toutes les cultures. Le texte est d’abord publié dans une revue littéraire en 1939, mais il est vite oublié. André Breton, le pape du surréalisme, le redécouvre pendant la guerre et va assurer sa postérité. Devenu en 1945 député-maire de Fort-de-France, Césaire remaniera plusieurs fois le "Cahier" jusqu’à son édition dite définitive… en 1983 !

Par son interprétation, Étienne Minoungou s’emploie à rendre le texte accessible : "J’ai cherché en tant qu’acteur à ne pas rentrer dans le lyrisme et dans la poésie très forte de Césaire, mais plutôt à le rendre concret et immédiat, accessible comme dans une conversation". Ce souci de faire accéder le public à l’art théâtral est chez lui une constante : Étienne Minoungou est le fondateur du plus important festival de théâtre d’Afrique de l’ouest, les Récréâtrales de Ouagadougou.

Cette soirée est proposée dans le cadre de Place publique, en partenariat avec l’association Mémoire de l’outre-mer. "La commémoration résonne un peu différemment dans le contexte de période électorale. À l'heure où l'égalité des droits est mise à mal, donner accès gratuitement à la culture, aux débats, aux connaissances fait partie des choix politiques portés par la Ville", explique Yamna Chriraa, élue à la citoyenneté, à la démocratie participative et à l'égalité des droits.

20h, Maison des Arts, 26 rue de Saint-Nazaire. Entrée libre et gratuite, places limitées.

Dans l'actualité

Qui contrôle le big data ?


Conférence Place publique jeudi 4 mai 2017 à la Maison des Arts.

Fraude, évasion, optimisation fiscales en débat


Conférence Place publique "Cet argent qui échappe aux États" jeudi 23 mars 2017.

Droits des femmes : rencart avec les daronnes


Projection-débat avec Bouchera Azzouz jeudi 9 mars dans le cadre de Place publique.

Conférence : "Faire la peau aux discriminations"


La Ville et Mémoire de l’outre-mer co-organisent ce nouveau rendez-vous Place publique.