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Aux petits soins de nos espaces verts

Les jardiniers municipaux assurent au quotidien l’entretien du "patrimoine vert" de Saint-Herblain. Dossier.

L’enquête menée en février 2017 sur l’image de Saint-Herblain l’a souligné : le cadre de vie est l’un des atouts les mieux appréciés de notre ville. Entre le cœur d’agglomération et les zones rurales, ses vastes espaces verts lui donnent un air de "ville à la campagne", conforté par les multiples parcs et jardins dans les zones plus résidentielles.

Il n’y a pas de secret : si cet environnement est autant apprécié, c’est qu’il fait l’objet de soins attentifs tout au long de l’année ! La Ville veille sur 450 hectares d’espaces verts et naturels, 600 en comptant les réserves foncières, non accessibles. Elle recourt à des entreprises spécialisées et surtout à une soixantaine d’agents municipaux. Ils ont en charge non seulement le patrimoine végétal, mais aussi la maintenance des surfaces minérales, clôtures, petits ouvrages d’art, aires de jeux… Tout cela en cultivant un lien de proximité avec les habitants.

Zéro phyto

"Oui, notre travail est bien repéré dans le quartier !", sourit Aurore Pierret, qui supervise l’entretien du parc de la Savèze. Sur ces 6 ha entre Sillon et Bagatelle, elle et son équipe veillent particulièrement à la propreté : "Le papier attire le papier, alors on tourne matin et soir pour ramasser ce qui traîne. Les poubelles sont vidées avant et après les week-ends". Les jardiniers travaillent huit heures par jour dans le parc, avec une embauche très matinale pendant les grosses chaleurs estivales. Leurs tâches vont de l’entretien des bassins à la tonte dans le verger, en passant par le désherbage manuel : "C’est un parc avec beaucoup de massifs… et on est au zéro phyto".

Répartition des tâches des jardiniers municipaux en fonction de la période de l'année : - la tonte est d'actualité de fin mars à début décembre avec des pics au printemps et à l'automne - le ramassage des feuilles d'automne est bien en octobre novembre, - les travaux sur les arbres commencent en novembre et s'étalent jusqu'en mars - c'est la même période pour l'entretien du réseau bocager - la fauche du foin s'effectue entre mi mai et fin juin selon les années - la taille des haies est faite fin juin-mi-juillet et/ou en hiver - le fleurissement d'été est mis en place début mai tandis que le fleurissement d'hiver est installé fin octobre...

À la Savèze comme dans toute la commune, les jardiniers respectent la gestion différenciée des espaces. En clair, ils adaptent leurs interventions en fonction des caractéristiques naturelles du site, des usages, tout en rationalisant les moyens. Chaque élément du paysage herblinois – espaces de prestige (parvis, ronds-points…), prairies, espaces boisés... – est ainsi entretenu selon un cahier des charges spécifique.

La fauche plutôt que le broyage

La Ville porte aussi des chantiers de plus longue haleine. Elle s’est engagée il y a trois ans dans la réfection d’ouvrages en pierre (digues des étangs de la Gournerie, rus maçonnés de la Bégraisière, ponts et murs au fil de la Chézine…) et devrait encore y consacrer 300 à 400 000 €. Une autre campagne concerne depuis 2015 l’amélioration de l’éclairage public dans les espaces verts.

Dans les prairies, les changements sont aussi notables. Le gyrobroyage est délaissé : gourmand en énergie, il appauvrit la diversité de la flore. Des conventions ont été signées avec des agriculteurs de Couëron et d’Orvault pour passer à la fauche des grandes parcelles. Sur les parcelles plus petites ou plus difficiles à entretenir, l’éco-pâturage est expérimenté. La Ville s’est rapprochée du lycée agricole Jules-Rieffel, du poney-club du Houssais et de particuliers pour l’installation de moutons, chèvres et chevaux. Les jardiniers municipaux se sont aussi outillés pour assurer le fauchage et la mise en bottes du foin. Un plus pour le paysage et un rappel aux urbains du cycle des saisons...

Mieux gérer marais et bois

Les prochains chantiers sont déjà en vue :

Myriam Gandolphe, conseillère municipale déléguée aux espaces verts : "La concertation pour affiner les aménagements"

La Ville a engagé un vaste programme de maintenance de ses espaces verts. Pourquoi y avoir associé les habitants ?
Parce que l’expertise technique ne suffit pas : il faut aussi comprendre comment ces espaces sont utilisés. À la Chézine par exemple, de plus en plus de personnes – de Saint-Herblain mais aussi de l’extérieur – viennent faire du sport, de la course ou de la marche. À la Bégraisière, le parc est bien conçu pour y flâner, mais les usages sont un peu différents. On l’utilise beaucoup pour se déplacer d’un endroit à l’autre, et les usagers finissent par créer leurs propres allées ! L’évolution de la population doit aussi être prise en compte : ici nous avons de nouveaux habitants, là le quartier a vieilli…

Comment s’effectue cette concertation ?
Elle implique les habitants, les élus et des agents de la Ville dont les jardiniers. En amont, les services posent un diagnostic sur l’espace concerné. Ils relèvent les points forts et points faibles, recensent la faune et la flore, le patrimoine arboré, les arbres remarquables… Un questionnaire est ensuite diffusé sur papier et en ligne, et nous prévoyons des temps sur place. Cela permet d’interroger les usagers sur leurs souhaits, mais aussi d’expliquer comment travaillent les services. Avec les informations recueillies, on peut imaginer comment faire évoluer le parc : où installer les équipements, s’il faut ajouter ou enlever des jeux, ce qu’il faut protéger, améliorer… Plusieurs consultations ont lieu, cela peut prendre un ou deux ans. Aux élus ensuite de trancher en fonction de l’enveloppe financière. L’idée, c’est d’avoir un cahier des charges ajusté au plus près.

Observateurs de la biodiversité : Éric Péger

Agent du service municipal de maintenance des espaces verts de Saint-Herblain, Eric Péger est particulièrement attentif aux nombreuses espèces d’orchidées présentes à Saint-Herblain.

Transcription du document Observateurs de la biodiversité : Éric Péger

Eric Péger officie au service municipal de maintenance des espaces verts de Saint-Herblain, il dispose d’une fenêtre d’observation idéale sur la flore locale. "Le territoire herblinois, ce sont surtout des terres granitiques, donc acides, un écosystème breton mais avec quelques plantes typées méditerranéennes. Un milieu assez riche, avec des variétés peu courantes".
Le jardinier est particulièrement attentif aux nombreuses espèces d’orchidées présentes : "Les orchidées s'en vont dès lors qu'on modifie le milieu, et ne reviennent pas".
La détermination des orchidées se fait surtout grâce aux fleurs, explique Eric en dévoilant une "orchis" mâle, aux feuilles couvertes de taches brunes, "courante en milieu humide".

Observateurs de la biodiversité : Joël Guyot

Ancien conservateur adjoint du Muséum, Joël Guyot arpente les espaces verts et chemins de Saint-Herblain à la recherche de ses plus petits habitants : les insectes.

Transcription du document Observateurs de la biodiversité : Joël Guyot

Ancien conservateur adjoint du Muséum, Joël Guyot arpente les espaces verts et chemins de Saint-Herblain à la recherche de ses plus petits habitants : les insectes. "Je les photographie et les répertorie. Les insectes forment un monde passionnant, du fait de sa diversité".
Pour l'entomologiste, "s'il n'y a plus de butineurs, plus de fleurs, de fruits, de légumes, et l'homme est le dernier échelon dans la chaîne alimentaire".
Joël Guyot montre différentes photos d"insectes photographiés à Saint-Herblain, dont certains en voie de disparition. "40% des papillons français ont disparu", regrette-t-il.
Pour stopper cette destruction, "chacun peut agir, en veillant à laisser de la nature sauvage, en arrêtant l’utilisation de produits qui tuent tout ce qui est vivant !"

Observateurs de la biodiversité : Pierre Galkowski

Depuis 20 ans, Pierre Galkowski, habitant du Tillay passionné d’ornithologie, arpente les chemins du parc de la Bégraisère et de la Chézine pour y observer les oiseaux.

Transcription du document Observateurs de la biodiversité : Pierre Galkowski

Depuis 20 ans, Pierre Galkowski, habitant du Tillay passionné d’ornithologie, arpente les chemins du parc de la Bégraisère et de la Chézine pour y observer les oiseaux. "J’y vais toute l’année, je peux suivre les évolutions d’une année à l’autre" explique-t-il.
Il cite les espèces les plus courantes : mésanges, rouges-gorges, merles, pics...
Pierre a dans sa poche des petits carnets remplis d’observations. Parmi elles, quelques instants rares : un pic noir, un loriot jaune, les amours d’un couple de pics épeiches, la nidification de canards mandarins…

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